L’inceste est une violence sexuelle, celle-ci étant réalisée par un (des) parent(s) ou membre de la famille, même par alliance, de la victime. L’agresseur/se est donc une ou plusieurs des personnes suivantes : Le père, la mère, le beau-père, la belle-mère, pour peu que cette personne ait été mise clairement en position de substitut parental : dans tous les cas, nous parlerons d’inceste réalisé par un parent ; Un frère, une sœur, un demi-frère, une demi-sœur, le(s) enfant(s) d’éventuel(s) beaux parent(s), un cousin, une cousine, un oncle, une tante, un des grands-parents, le ou la compagne-compagnon stable ℹ️ d’un de ces individus : ici nous parlerons d’un inceste réalisé par un autre membre de la famille. Il apparaît que, dans la grande majorité, les auteurs de ces violences sont des hommes et les victimes, des mineur(e)s. Les violences sexuelles incestueuses sont alors la manifestation, dans la sphère privée, de la relation de pouvoir inégale entre les femmes, les enfants et les hommes encore à l’œuvre dans notre société.
L'inceste, au-delà de ses diverses formes culturelles, désigne l'interdiction pour les parents d'avoir des relations sexuelles avec leurs enfants, ainsi que l'interdiction pour les frères et sœurs d'avoir des relations sexuelles entre eux. Cependant, il faut être prudent : dans de nombreuses sociétés, en raison du système de parenté, tous les frères du père sont considérés comme des pères de l'enfant, toutes les sœurs de la mère comme des mères de l'enfant, et tous leurs enfants comme des frères et sœurs de l'enfant. Dans ces sociétés, l'interdiction de l'inceste s'étend donc à toutes ces personnes que nous considérons, en Occident, comme des oncles, des tantes ou des cousins germains.
L'interdit de l'inceste est un principe fondamental qui traverse les cultures et les sociétés à travers le monde. Cet interdit universel est essentiel pour plusieurs raisons, tant sur le plan social que biologique.
En somme, l'interdit de l'inceste est un pilier essentiel des sociétés humaines, jouant un rôle clé dans la préservation de la santé génétique, de la stabilité sociale et de la protection des individus.
Loi du 21 mars 2022 modifiant le Code pénal en ce qui concerne le droit pénal sexuel publiée au moniteur belge le 30 mars 2022 et entrant en application le 1er juin 2022.
D'après la lois dans le droit pénal, Article 417/18, rédigé comme suit:
("Art. 417/18. L'inceste
On entend par inceste les actes à caractère sexuel commis au préjudice d'un mineur par un parent ou allié ascendant en ligne directe, par un parent ou allié en ligne collatérale jusqu'au troisième degré, ou toute autre personne occupant une position similaire au sein de la famille des personnes précitées.
L'inceste est puni comme suit:
Le législateur entend incriminer nommément l'inceste au travers de cette circonstance aggravante.
Les agressions sexuelles intrafamiliales sont celles qui sont commises par un parent ou allié ascendant ou descendant en ligne directe, par un parent ou allié en ligne collatérale jusqu'au 3ème degré, par un partenaireℹ️ ou toute autre personne occupant une position similaire au sein de la famille.
Le délit d'« atteinte à l'intégrité sexuelle » comprend toutes les situations dans lesquelles une personne subit des attouchements sans son consentement, sans pénétration sexuelle, ou lorsqu'une personne est soumise à des actes sexuels sans avoir à y participer elle-même (p. ex. être obligée de regarder quelqu'un se déshabiller).
Art 417/7 • Atteinte à l'intégrité sexuelle
L'atteinte à l'intégrité sexuelle consiste à accomplir un acte à caractère sexuel sur une personne qui n'y consent pas, avec ou sans l'aide d'un tiers qui n'y consent pas, ou à faire exécuter un acte à caractère sexuel par une personne qui n'y consent pas. Cette infraction est punie d'un emprisonnement de six mois à cinq ans.
Est assimilé à l'atteinte à l'intégrité sexuelle le fait de faire assister une personne qui n'y consent pas à des actes à caractère sexuel ou à des abus sexuels, même sans qu'elle doive y participer.
L'atteinte existe dès qu'il y a commencement d'exécution.".
Re-nomination du fait d'attentat à la pudeur en « Atteinte à l'intégrité sexuelle ».
Définition identique que l'attentat à la pudeur, en plus le nouveau code pénal sexuel ajoute le fait de faire assister une personne qui n'y consent pas à des actes à caractère sexuel ou à des abus sexuels.
L'autonomie sexuelle constitue le principe fondateur de la nouvelle loi, qui vise à punir uniquement les violences sexuelles.
Les actes sexuels ne sont pas punissables s'ils sont consentis, entre mineurs de plus de 14 ans accomplis, ou entre mineurs de plus de 14 ans accomplis et majeurs si la différence d'âge ne dépasse pas trois ans.
Par contre, il existe une présomption irréfragable d'absence de consentement pour les mineurs de moins de 16 ans en dehors de ces hypothèses, ou s'ils sont victimes d'inceste, d'abus d'autorité ou de confiance.
Ce principe vaut également pour l'envoi d'images sexuelles prises sur lui-même à un autre mineur.
Le consentement qui fonde l'autonomie sexuelle est un accord donné librement, apprécié au regard des circonstances de l'affaire:
Art. 417/5 rédigé comme suit:
"Art. 417/5. La définition du consentement en matière de droit à l'autodétermination sexuelle
Le consentement suppose que celui-ci a été donné librement. Ceci est apprécié au regard des circonstances de l'affaire. Le consentement ne peut pas être déduit de la simple absence de résistance de la victime. Le consentement peut être retiré à tout moment avant ou pendant l'acte à caractère sexuel.
Il n'y a pas de consentement lorsque l'acte à caractère sexuel a été commis en profitant de la situation de vulnérabilité de la victime due notamment à un état de peur, à l'influence de l'alcool, de stupéfiants, de substances psychotropes ou de toute autre substance ayant un effet similaire, à une maladie ou à une situation de handicap, altérant le libre arbitre.
En tout état de cause, il n'y a pas de consentement si l'acte à caractère sexuel résulte d'une menace, de violences physiques ou psychologiques, d'une contrainte, d'une surprise, d'une ruse ou de tout autre comportement punissable.
En tout état de cause, il n'y a pas de consentement lorsque l'acte à caractère sexuel a été commis au préjudice d'une victime inconsciente ou endormie.".
Notion du consentement, aujourd'hui, lors d'un procès pour inceste (ou d'un dossier), on considérera d'office qu'il y a de l'emprise et un non-consentement de la part de l'enfant. C'est ici que cette réforme prend tout son sens car avant, il fallait apporter des preuves.
Bien que l'inceste soit interdit et défini dans la loi, l'incestuel n'y figure pas. L'incestuel reste un concept plus obscur et souvent mal compris. Il est aussi le terreau de tout inceste. L'incestuel est un terme qui décrit une dynamique psychologique et familiale où les frontières et les rôles entre les membres d'une famille ne sont pas respectés, sans qu'il y ait nécessairement passage à l'acte sexuel, comme c'est le cas dans l'inceste. Cela implique souvent une forme de confusion des générations où, par exemple, un.e parent.e se comporte envers son enfant de manière trop intime ou intrusive, émotionnellement et/ou physiquement, sans nécessairement commettre de violences sexuelles. Cette notion suggère que même sans contact sexuel direct, les interactions peuvent être empreintes d'une charge érotisée ou d'une ambiguïté qui trouble les limites appropriées au sein de la dynamique parent.e-enfant ou entre frères et sœurs. L'incestuel peut avoir des répercussions significatives sur le développement psychologique de l'enfant et sur la santé mentale des individus au sein de la famille.
L'inceste est une réalité profondément ancrée dans le cercle familial, dont on parle peu. Actuellement, il n'existe pas de statistiques officielles en Belgique. Cependant, certaines données permettent de mesurer l'ampleur du problème. Des statistiques de l'Organisation mondiale de la santé, d'Amnesty International et de données assez récentes, pour la France, du rapport de la CIIVISE, rendent compte de l'ampleur du phénomène.
Selon Amnesty International
En Belgique, 84 % des viols signalés concernent des victimes mineures, selon un sondage d'Amnesty International datant d'il y a dix ans. Plus récemment, une étude Ipsos de 2020 estimait que 10 % de la population belge a été victime d'inceste, dont plus de trois quarts sont des fille et des jeunes femmes (78 %).
Enfin, entre 2017 et 2022, 8 200 personnes ont été prises en charge par les centres de prise en charge des violences sexuelles (CPVS) ; un tiers de ces victimes étaient mineures, et dans 12 % des cas, l'auteur était un membre de la famille.
Selon un rapport de l'OMS rendu public en 2014
20% des femmes et 5 à 10% d’hommes dans le monde ont subi des violences sexuelles pendant leur enfance. Ces agressions sur mineurs sont très souvent liées à l'inceste. Dans 70% des cas, lorsque la victime a moins de 6 ans, l'agression est incestueuse. Selon le même rapport, dans 96% des cas, l'agresseur est un homme. Dans 94% des situations, c'est un proche qui commet
l'agression sexuelle. Ainsi, un enfant victime sur deux est agressé par un membre de sa famille. Il n'y a pas de données statistiques en Belgique concernant l'inceste.
Selon les dernières données de la CIIVISE ℹ️
Selon les données annuelles de SOS Inceste Belgique asbl, elle reçoit entre 5 et 10 nouveaux appels par semaine en moyenne et un millier d’appels par an.
Statistiques interne de SOSI
Aujourd'hui
80 % des demandes qui nous sont adressées proviennent de femmes victimes de violences sexuelles intrafamiliales.
20 % des demandes proviennent d'hommes victimes de violences sexuelles intrafamiliales.
En 1989, année de la fondation de l'association, jusqu’en 1996 plus ou moins, nous recevions très peu d'hommes au sein de l'association.
Depuis la création de l'association et jusqu'en 1996, les affaires de pédo-criminalité très médiatisées "Dutroux et consorts" ont eu un impact sur l'inconscient collectif.
• Certains découvrent que les viols sur enfants sont une réalité.
• Et d'autres, anciennes victimes de violences sexuelles notamment, se sentent un peu plus autorisées à parler de leur vécu traumatique.
Paradoxalement, comme le disait le délégué général aux droits de l'enfant, Bernard De Vos, interrogé en 2016 à l'occasion des 20 ans de l'affaire Dutroux : "La figure du pervers isolé a complètement occulté la réalité des abus… l'ultime tabou de l'inceste est une question qui n'a pas été travaillée."
Pour Christophe Adam, professeur de criminologie clinique (ULB/UCL) : "Nous avons créé des monstres qui n'existent que très peu. Alors que l'inceste est une réalité bien plus importante. Mais, la société préfère ne pas la voir, car cela nous met tous mal à l'aise."
Dès les années 80, sous l’influence de campagnes de sensibilisation et de prévention naît une première prise de conscience que les violences sexuelles sur enfants sont bien une réalité dont l’ampleur étonne, inquiète et secoue l’inconscient collectif. Un champ pluridisciplinaire d’intervention s’est ouvert aux enfants et à leur famille dysfonctionnelle et carencée. Des équipes spécialisées et pluridisciplinaires sont créées… les équipes SOS Enfants, entre autre, voient le jour.
Au niveau médiatique, l’affaire Marc et Corinne, présidée par le père de cette dernière, feu Monsieur Jean-Pierre Malmendier, dans laquelle il est question de disparition d’enfants, et surtout les affaires Dutroux et Consort, viennent créer une véritable onde de choc dans la population belge et dépasse d’ailleurs largement les frontières de la Belgique. Une réelle prise de conscience naît au sein de la population. Les agressions sexuelles sur enfants existent dans le réel et n’apparaissent plus à la plupart des gens comme étant de l’ordre uniquement du phantasme.
Concernant l’inceste, des victimes courageuses ont pris la parole comme Eva Thomas en France en 1987 et créée SOS Inceste Grenoble… Deux ans plus tard en Belgique, Zoé Milher accompagnée de trois autres personnes, une psychanalyste, Madame Janine Deckers, un médecin généraliste, Dr Anne-Françoise Gennotte, Madame Nadine Deckers, secrétaire et formée à l’écoute des personnes en difficultés crée SOS Inceste Belgique.
Mais malgré ces témoignages interpellant, l’inceste apparait toujours comme un phénomène très isolé qui serait la triste réalité de familles défavorisées et esseulées.
On évoque dans la presse, des incestes consentis, voir même heureux…
Voici la triple peine pour les victimes de l’inceste, muselées par le traumatisme et ses conséquences, par les menaces et les chantages de leurs familles et par la société dont la surdité et la cécité collective demeure face à cette question.
L’inceste, reste enclavé, remis sous le boisseau. Les victimes parlent….mais l’écoute et la compréhension du phénomène est de courte durée et épistolaire…. Nos représentations familiales, à tout le moins au niveau inconscient, sont bousculées. La famille ne serait pas le dernier bastion où l’on pourrait être en sécurité !!!
Les victimes de l’église, les victimes du monde sportif dévoilent les violences sexuelles subies. Les affaires David Hamilton, l’affaire Weinstein font grand bruit au niveau médiatique et plus récemment le livre de Camille Kouchner, « la Familia grande », et l’affaire Berry. Les mouvements mee-too dénoncent les violences sexuelles et l’inceste et encouragent à la libération de la parole des victimes et/ou des survivant.e.s de l’inceste.
La presse s’empare de ces nouvelles et relance la question des violences sexuelles au sein de la famille en utilisant le mot « inceste » fréquemment.
Cette fois, il est question de famille provenant de milieux favorisés….
Cela étonne et interpelle ceux qui pensaient encore que l’inceste était le fait des familles défavorisées
On parle de violences, de manipulation, d’emprise et de domination.
L’écoute est différente aujourd’hui. La compréhension du phénomène semble plus affinée. Car les victimes, elles, ont toujours parlé.
Face à ce problème de santé publique qu’est l’inceste, l’écoute a changé.
Puisse celle-ci déboucher sur des prises de responsabilité au niveau étatique, afin de créer des campagnes de sensibilisation/prévention, des soins plus adaptées pour les victimes du traumatisme de l’inceste que l’on nomme complexe, de meilleurs remboursements des soins et de meilleures indemnisations face à ces traumatismes.
Pour comprendre le processus post-traumatique chez l’adulte, il faut d'abord expliquer ce qui se passe chez l’enfant victime d’inceste. Les violences sexuelles ou incestueuses commencent souvent très tôt. L’enfant est submergé par des actes et une ambiance dont il ne comprend pas la signification. Son esprit et son corps sont envahis. C’est l’effroi: il ne peut pas exprimer ce qui lui arrive. Il est figé, obligé de répondre à la violence sexuelle de l’adulte. Ses repères et ses images parentales s’effondrent.
L’emprise subie pendant plusieurs mois ou, le plus souvent plusieurs années, empêche souvent la victime de parler et donc de trouver de l’aide. Ceci pourra entre autre conséquence, entraîner bien souvent un certain « enkystement » et une chronicité des symptômes.
En effet, l’emprise exercée par l’abuseur familial (et/ou les abuseurs) entraîne des incidences importantes sur le développement de l’enfant et marquera intensément la personnalité de l’adulte.
Ce sont des personnes qui ont subi, souvent très jeunes, la manipulation, la dévalorisation permanente, la domination, le contrôle et le chantage, renforçant le maintien dans l’isolement. Les risques de décompensation psychiques sont importants.
Ajoutons que la désinformation qui règne dans ces familles dysfonctionnelles et maltraitantes entraîne également souvent une perte de repères importante (notamment au niveau de l’interdit de l’inceste).
Pour survivre psychologiquement dans un tel climat, la victime va mettre en place (inconsciemment) certains mécanismes de défense. Nous en citerons quelques-uns : le syndrome d’adaptation, la minimisation des faits subis, le refoulement, le clivage, la dissociation, le clivage, la scotomisation de la réalité.
Souvent, l’enfant vit dans un climat sexualisé, avec une confusion des rôles et des générations. Les conflits de loyauté, la menace d’abandon, la culpabilisation, la désinformation omniprésente, et la honte (qui dépend de l’âge) empêchent la révélation des violences subies et maintiennent l’enfant ou l’adolescent dans un isolement psychique.
Le contrôle et la domination sur l’esprit et le corps de l’enfant sont presque totaux. L’enfant vit dans un stress qui génère une tension constante, ce qui affecte son développement cognitif et émotionnel. L’individuation n’a pas sa place dans de telles familles. L’esprit critique, la pensée et la parole sont contrôlés par ceux qui détiennent le pouvoir et en abusent. La confusion et la peur dominent, paralysant les capacités de réflexion des victimes de violences sexuelles.
"L’Inceste. Un Crime contre l’enfance, la famille, la société. », Sous la direction de Jean-Claude Maes, Ed. Couleur Livres, Bruxelles, 2015"
Les victimes d'inceste, qu'elles soient adolescentes ou adultes, arrivent souvent dans notre service en état d'épuisement. Les violences sexuelles intrafamiliales s’exercent souvent durant des périodes plus ou moins longues. Elles s’inscrivent dans un contexte éducatif, où la manipulation et l’emprise auront un impact sur le développement psycho affectif de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte.
Il est difficile d’en énoncer ici toutes les conséquences possibles tant elles peuvent se révéler nombreuses et complexes.
Elles auront un impact sur la santé psychique et physique des victimes.
Une forte anxiété, de la culpabilité, de la honte et un manque d’estime de soi, un manque de confiance en soi ou dans les autres sont des symptômes fréquents chez les victimes de ces violences. Des troubles de l’identité ou de la personnalité, de la dépression chronique, des conduites autodestructrices (automutilations), des tentatives de suicide, des troubles affectifs et sexuels, de la confusion des sentiments, confusion des rôles, troubles de la conduite sociale, troubles de l’apprentissage, difficultés de concentration, troubles intellectuels ou au contraire « une sur adaptation », des conduites d’évitement et de contrôle afin d’éviter de réactiver le traumatisme vécu. De l’apathie, une forte colère, des sentiments d’hostilité vis-à-vis d’autrui, des difficultés à faire confiance. Certaines personnes peuvent se tourner vers la délinquance ou la prostitution.
Les victimes de l’inceste présentent souvent une grande fatigue physique et psychique et des douleurs chroniques diffuses et persistantes. Le stress est presque toujours présent chez les victimes de ces violences spécifiques et entraînent des conséquences délétères sur la santé.
Une forte anxiété peut entraîner des pathologies du système digestif, des troubles neurologiques (par exemple des tétanies), des troubles du sommeil (hyper vigilance, insomnies, cauchemars), des troubles de la conduite alimentaire (anorexie, boulimie), de l’énurésie, de l’encoprésie, des céphalées récidivantes, des malaises (pertes de connaissance), des phobies diverses, des crises de panique, des décompensations psychiques, des effondrements psychiques, un arrêt de croissance, des addictions diverses, des idéations suicidaires récurrentes.
Il est à noter que les risques de contracter des maladies sexuellement transmissibles sont fréquents. Des pathologies du système urinaire et gynécologique peuvent également se manifester. Le danger de grossesse est également très présent dans ces situations. Dans certains cas, Il s’agit parfois de très jeunes filles. Cette liste n’est pas exhaustive.
Tous ces symptômes dépendent du contexte identitaire existant avant le traumatisme. L'histoire transgénérationnelle des individus et les relations familiales influencent les réactions des victimes. C'est pourquoi il faut être prudent et ne pas automatiquement lier ces symptômes à des violences sexuelles.
Les difficultés affectives et sexuelles sont fréquentes. Des séquelles physiques et de graves problèmes de santé peuvent apparaître tout au long de la vie : hypertension liée au stress, troubles et maladies du système digestif, maladies sexuellement transmissibles, lésions génitales et du système urinaire parfois irréversibles.
Les violences sexuelles commises par des membres de la famille ou des proches sont souvent entourées de silence, la loi de Omertà
Il est donc essentiel d'avoir une structure dédiée à cette question. Cela représente une forme de reconnaissance du problème de l'inceste.
On évoque rarement les atteintes corporelles. Elles sont pourtant fréquentes et laissent très souvent des séquelles à moyen et long terme. Ces dernières sont souvent méconnues et/ou minimisées. Des conséquences au niveau gynécologique, urologique, gastroentérologique peuvent être observées. Des pathologies d’origine psychosomatique risquent de se développer de manière durable et/ou chronique. La maltraitance physique et psychique, ainsi que les violences sexuelles subies durant l’enfance, l’adolescence et parfois encore durant la vie d’adulte, peuvent entraîner de lourdes séquelles non seulement sur la santé, mais auront également une influence sur les capacités de l’individu à pouvoir s’insérer dans la société.
Une des conséquence de la crise sanitaire a généré un accroissement de différentes formes de violences intrafamiliales dont l'inceste. C’est ainsi que nous avons pu observer, par exemple, durant la crise sanitaire, une augmentation des appels. C’est souvent en état de grand épuisement que nous voyons arriver les personnes victimes d’inceste dans notre service. Nous pouvons entendre et constater un enkystement de problèmes de tous ordres subis et accumulés durant parfois de très nombreuses années. Il s’agit donc souvent pour nous d’accompagner un
travail de "la reliance" avec soi-même et avec la société chez les victimes de violences sexuelles intrafamiliales qui se présentent à SOS Inceste Belgique asbl.
Sources:
« L’Inceste. Un Crime contre l’enfance, la famille, la société. », Sous la direction de Jean-Claude Maes, Ed. Couleur Livres, Bruxelles, 2015
« Reliance » « De la survivance à la Vie. Essai sur le traumatisme psychique et sa guérison », Presse Universitaire de France,, 2010, Paris »